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 Article de Motron

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MessageSujet: Article de Motron    Sam 17 Déc - 0:00

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/12/16/autisme-changer-le-regard_1619381_3244.html

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maryline



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Sam 17 Déc - 17:12

sunny complètement d'accord, en France on va juste changer de groupe de pression, y-a-t-il un moyen d'y échapper ? si on analysait correctement la situation des USA on pourrait prendre de l'avance sur eux.

Citation :
Groupes de pression
De nombreux gouvernements subventionnent pourtant toujours ces thérapies, qui coûtent jusqu'à 60 000 dollars (45 000 euros) par an et par enfant, sous l'influence de groupes de pression. M. Mottron s'inquiète pour sa part d'un possible soutien gouvernemental français à l'ICI. La Haute Autorité de santé a en effet commandé un rapport sur ces méthodes qui lui semble biaisé en leur faveur : "En favorisant l'ABA (analyse appliquée du comportement) pour contrer la psychanalyse de l'autisme, on passe du tsar à Lénine !"

Au lieu de monopoliser le budget de l'enfance inadaptée pour de telles thérapies, on ferait mieux, selon lui, d'accepter qu'il n'y a pas de traitement de l'autisme, d'aider les autistes à trouver une fonction en société, avec garanties de droits, gestion pragmatique des crises adaptatives, accès renforcé à des services spécialisés éclectiques et aide pour une meilleure qualité de vie. Et surtout, il faudrait revoir l'équilibre entre le niveau d'aide apporté pendant l'enfance et celui donné à l'âge adulte, en augmentant le second.

Par exemple, les fonds pour faire face aux coûts exorbitants des techniques comportementales seraient mieux utilisés, dit-il, pour payer des gens qui iraient dans les entreprises identifier des tâches où les autistes excellent et pour adapter leurs conditions de travail. Mme Dawson partage ce point de vue que "ce n'est ni l'intelligence ni les habiletés qui manquent aux autistes. Ce qui est rare, ce sont les opportunités qu'on leur donne d'avoir une bonne vie et un travail, d'être autonome et responsable, de contribuer à la société, plutôt que de dresser sans cesse des obstacles devant eux".
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MessageSujet: Re: Article de Motron    Sam 17 Déc - 17:34

Je suis aussi enclin à penser qu'on se dirige d'un monopole à un autre en oubliant le principal " l'autiste est une personne unique".

Mottron a 20 ans de recul sur les prises en charge ABA si il réagit en ce sens c est à mon avis qu il a pu observer ce qu elles donnent. Je ne suis pas complètement contre certaines procédures je les ai moi même employées mais je suis contre un système généraliste de prise en charge alors que nous parlons d'individualité.

Si une personne est prédisposée à devenir un vérificateur hors pair pourquoi à ce moment la ne pas plutot encourager cela en vue de lui fournir la place de vérificateur qui sera utile à la société ?
C'est déjà fait par des entreprises en informatique dans d autres pays ( allemagne ...) mais cela pourrait l être autrement dans le domaine comptable, les études de plans, l infographie, et plusieurs autres domaines...

Nous partons du principe que l'on doit socialiser à tout prix mais une socialisation relative et réduite peut amplement suffir à un Autiste. Pourquoi vouloir aller contre cela ? Pourquoi juger des parents qui déscolarisent leurs enfants alors que le minima de socialisation convient à leur épanouissement et que ces enfants progressent ?
Pourquoi doit-on choisir entre Psykk et ABA ?
Et si la vérité était ailleurs ?

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maryline



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Sam 17 Déc - 17:41

Citation :
Nous partons du principe que l'on doit socialiser à tout prix mais une socialisation relative et réduite peut amplement suffir à un Autiste

OUI, OUI ET OUI. Et c'est cela respecter un individu, lui laisser la possibilité de choisir son mode de vie. Je suis NT mais je n'aime pas être sans cesse parmi les autres, je péterais les plombs si on m'y obligeait, mais moi j'ai la chance qu'on me laisse choisir mon mode de vie car je suis NT.
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le blet



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Sam 17 Déc - 21:31



sunny

ça fait du bien de lire tout ça !
merci les filles ! Quand je lis des critiques sur Mottron actuellement sur des listes de dicussion ,
je me dis qu'on va avoir 40 ans d'aba avant d'en venir à l'essentiel : les autistes et ce qu'ils pensent de leur qualité de vie à eux.


laurence




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nanoou



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Dim 18 Déc - 1:20

Wink
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Gabriel Bernot



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Dim 18 Déc - 13:46

le blet a écrit:
je me dis qu'on va avoir 40 ans d'aba avant d'en venir à l'essentiel : les autistes et ce qu'ils pensent de leur qualité de vie à eux.
Malheureusement, rien n'est moins certain.

La psychanalyse a été une monstruosité pour les personnes autistes mais elle n'a concerné que les plus handicapés d'entre nous : ceux qui ne parlent pas.

ABA, au contraire, est appliquée sans discernement à tout enfant TED, même à un enfant tel que je l'ai été (rappel : j'ai parlé vers l'âge de 4 ans).
Attendu cela, ABA est en train de détruire la seule possibilité de prouver un jour l'existence d'une alternative en aliénant même ceux d'entre nous qui auraient pu s'épanouir sans aucune « prise en charge ». Pire : en réalité, cette capacité concerne à mon sens la quasi-totalité des personnes TED — sauf les 4% qui présentent une déficience mentale réelle, qu'elles parlent ou non.

Seulement, la très grande majorité des personnes TED qui ne parlent pas ont de bonnes capacités visuelles et sont tout-à-fait capables de maîtriser une langue visuelle — typiquement, une langue signée — au même niveau de performances que celles en langage oral d'une personne TED qui parle.

En définitive, la meilleure solution apparaît donc de seulement fournir à la personne TED un langage adapté à sa perception sémantique. Jusqu'à présent, ça a été refusé par les « spécialistes de l'autisme », officiellement parce que ces personnes autistes ne sont pas sourdes, en réalité parce que les spécialistes de l'autisme sont totalement incapables de maîtriser — et même d'apprendre — une langue signée.

Dans l'état actuel des choses, la France est le dernier pays du « monde développé » dans lequel ma génération a encore quelques successeurs, grâce à la psychanalyse qui ne nous a pas systématiquement tous aliénés. Au Canada, par exemple, ma génération n'a déjà plus de successeur. Mon espoir repose donc uniquement sur les enfants TED d'aujourd'hui, comme SAM, qui parle, ou Alexis, qui signe.

Gabriel.

Édit : si la HAS s'apprête effectivement à largement promouvoir ABA, elle s'apprête en même temps à interdire l'usage de la langue des signes avec les enfants autistes de plus de 6 ans. C'est que les personnes TED n'arrangent pas les intérêts personnel des « experts » de la HAS… Administrativement, elles sont consultées mais sans disposer du moindre pouvoir décisionnel. En pratique, elles sont écartées.

Pour ceux qui ne connaissent pas trop la langue des signes, elle est capable d'exprimer autant de choses que la langue française, y compris de très difficiles raisonnements abstraits. Il n'est pas possible d'en dire autant des systèmes utilisant des images : ces derniers limitent le langage aux seuls échanges concernant des choses concrètes ; les systèmes utilisant des images ne permettent tout simplement pas de réfléchir et interdisent à la personne à qui elle est imposée d'épanouir son potentiel intellectuel.
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MessageSujet: Re: Article de Motron    Dim 18 Déc - 15:43

Au cours de mes déplacements à l époque ou je faisais des présentations j'ai recontré une maman sourde.
Son fils était autiste et je me souviens que nous avions discuté avec Geny ( je sais que tu lis régulièrement n hésite pas à intervenir), elles trouvaient que le handicap ( la surdité) de cette maman avait été une chance pour cet enfant en particulier.

Au niveau des professionnels je connais une orthophoniste qui ne place aucune barrière dans l'utilisation d'idées et de matériel afin d'amener une communication à des enfants trés déficients. ( oui ça existe).

Citation :
les systèmes utilisant des images ne permettent tout simplement pas de réfléchir et interdisent à la personne à qui elle est imposée d'épanouir son potentiel intellectuel.

On peut se poser la question de leur utilisation. En langage je vois également des grandes limites à ces systèmes, en supports explicatifs je n'en vois aucune si elles sont utilisées correctement en prenant le système des cartes heuristiques pour fournir des explications aprés une situation concrète observée.


Citation :
Attendu cela, ABA est en train de détruire la seule possibilité de prouver un jour l'existence d'une alternative

Un parent reste toujours décisonnaire. De la même manière que des dizaines ont refusé de se soumettre a la psychanalyse, d'autres refuseront de se soumettre au " tout ABA" sinon cette discussion n 'existerait

Si l on se réfère à Mottron et Michèle Dawson ils posent à mon avis les bonnes questions

Citation :
Au-delà même de l'intelligence, "la question de l'apprentissage par les autistes est l'une des questions-clés que l'on doit se poser", avance Michelle Dawson. Elle cherche à comprendre "pourquoi certains autistes de moins de 2 ans connaissent l'alphabet, voire lisent un journal", et voudrait qu'on "les encourage dans leurs habiletés au lieu de les déclarer déficients intellectuels". Et indique être "fascinée par cette extraordinaire capacité d'apprentissage des autistes", présentée pourtant comme la preuve d'un déficit sévère.

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Gabriel Bernot



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Dim 18 Déc - 16:27

Administrateur a écrit:
Citation :
les systèmes utilisant des images ne permettent tout simplement pas de réfléchir [— sur des sujets abstraits —] et interdisent à la personne à qui elle est imposée d'épanouir son potentiel intellectuel.
En langage je vois également des grandes limites à ces systèmes, en supports explicatifs je n'en vois aucune si elles sont utilisées correctement en prenant le système des cartes heuristiques pour fournir des explications aprés une situation concrète observée.
La limite reste toujours celle de l’abstrait Rolling Eyes .

Administrateur a écrit:
Citation :
Attendu cela, ABA est en train de détruire la seule possibilité de prouver un jour l'existence d'une alternative
Un parent reste toujours décisonnaire. De la même manière que des dizaines ont refusé de se soumettre a la psychanalyse, d'autres refuseront de se soumettre au " tout ABA" sinon cette discussion n 'existerait [pas.]
À court terme, je suis d’accord avec vous. Mais à long terme, la difficulté est beaucoup plus complexe. Sa base est l’utilisation des promoteurs du comportementalisme des techniques de manipulation mentale des parents, différentes, d’ailleurs, selon que leur rapport avec les parents d’enfants autistes est direct — ils utilisent alors des techniques proches de celles de la Scientologie — ou par l’intermédiaire des média — « Je l’ai vu à la télé donc c’est vrai. » ou « Cette maman dont j’ai lu le témoignage sur internet était dans la même situation que moi et je veux le même miracle pour mon enfant. », etc. .
Pour l’instant, les parents sont accueillis dans des lieux d’expertise « officiels » (par exemple, les CRA) dont la tendance est soit neutre soit psychanalytique. Certains parents — malheureusement rares — sont capables d’identifier la contradiction entre le discours des officiels et celui des média. Ceux-là sont en mesure de rechercher une autre voie, qui est propre à chaque enfant. Les autres parents se soumettent déjà à ceux qui crient le plus fort — ou dont le marketing est le plus efficace.
Mais quand les officiels tiendront eux aussi un discours pro-comportementalisme, qu’adviendra-t-il ? La réponse est déjà observable au Canada : les enfants TED qui échappent à ABA sont ceux qui ont échappé au diagnostic ; avec la généralisation du « dépistage précoce systématique » exigé par les « groupes de pression comportementalistes », il sont fort peu nombreux et il est même possible que leur TED ne soit jamais découvert, même quand ils seront devenus adultes.

Gabriel.
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MessageSujet: Re: Article de Motron    Dim 18 Déc - 17:25

La limite de l abstrait ne reste t elle pas toujours quelque-soit la forme de communication?
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Gabriel Bernot



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Dim 18 Déc - 18:32

Administrateur a écrit:
La limite de l abstrait ne reste t elle pas toujours quelque-soit la forme de communication?
Pour les personnes déficientes mentales — qu'elles soient TED ou NT —, c'est possible (quoi que je n'en sais rien).

Le premier outil permettant de réfléchir un système abstrait (mathématiques, philosophie, morale, etc.), c'est un langage permettant de formaliser mentalement ces concepts. Ce n'est même pas nécessairement une langue permettant la communication.

Maintenant, j'ai pu constater que les personnes TED que je connais et qui parlent ont une capacité particulièrement marquée à penser l'abstrait. Pour celles qui ne parlent pas, commençons par leur donner un langage qu'elles sont capables de gérer mentalement — un langage visuel la plupart du temps. Ensuite, hormis leur modalité de communication, le niveau moyen de leur capacité à penser l'abstraction ne devrait pas significativement différer de celui qu'on peut observer chez les personnes TED qui parlent. Je l'ai constaté avec tous les enfants TED qui ne parlent pas et à qui nous avons commencé à donner un vrai langage visuel (par exemple, signé ou écrit. Pas des pictos !).

Les « spécialistes du TED », en particulier, ici, ceux qui n'ont jamais considéré judicieux de donner à un enfant TED qui ne parle pas un langage non oral, n'ont pas compris que la langue est utilisée avant tout pour réfléchir. Les comportementalistes considèrent que la seule utilité du langage est de communiquer et en particulier, de demander. Pourquoi s'autorisent-ils à réfléchir quand ils l'interdisent aux personnes autistes ?
Comment peuvent-ils ainsi affirmer que l'abstraction est difficile aux personnes TED alors qu'ils leurs refusent ce qui est nécessaire pour y parvenir ?

Gabriel.
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MessageSujet: Re: Article de Motron    Dim 18 Déc - 19:32

Citation :
Les comportementalistes considèrent que la seule utilité du langage est de communiquer et en particulier, de demander.

C'est vrai.
Mais certains profesionnels l utilisent différemment en amenant à la reflexion. Ce sont souvent des orthophonistes qui le font. Regarder leur travail est souvent trés intéréssant. C'est totalement différent de l approche comportementale.

Je suis d accord sur les limites des pictos pour des enfants qui n'accédent pas à une généralisation par le support écrit , je trouve même souvent que certains pictogrammes deviennent dénués de tout sens tant on y a ajouté de fioritures inutiles. Ce problème n'existe pas avec un mot ou un signe qui sont immuables. Mais apprendre un mot ou un signe ne demande t il pas un accés a la généralisation obligatoire ?

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Gabriel Bernot



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Dim 18 Déc - 19:54

Administrateur a écrit:
Je suis d accord sur les limites des pictos pour des enfants qui n'accédent pas à une généralisation par le support écrit , je trouve même souvent que certains pictogrammes deviennent dénués de tout sens tant on y a ajouté de fioritures inutiles. Ce problème n'existe pas avec un mot ou un signe qui sont immuables. Mais apprendre un mot ou un signe ne demande t il pas un accés a la généralisation obligatoire ?
Dans l’article que j’avais publié dans le journal Enfance (disponible ici : http://tinyurl.com/TSA-autisme ), j’explique qu’un des deux processus incontournables de compréhension des personnes TED est précisément la généralisation (en tant qu’« heuristique d’analyse »). Une personne TED incapable de généraliser ne peut rien apprendre, pas même par elle-même et, finalement, une telle personne TED est effectivement déficiente mentale.

Dans le même article, j’ai donné un exemple caractéristique de ce qui mène les « experts scientifiques du TED » à prétendre qu’une personne TED est incapable de généralisation. Cet exemple est la manière dont il avait été enseigné à Alexis à compter. Ce qui s’est passé montre très exactement que l'enfant était tout-à-fait capable de généraliser et que, d’ailleurs, il avait parfaitement et judicieusement généralisé. Le problème ne venait pas de l’enfant. Il venait de ce que les « experts scientifiques du TED » lui avaient enseigné des connaissances qui pouvaient être généralisées de plusieurs manières : ce qui lui avait été enseigné était ambigu. Alexis avait généralisé mais pas de la manière que souhaitaient les « experts scientifiques du TED ». Ces derniers, incapables de se remettre en cause, avaient même été incapables de comprendre qu’il avait effectivement généralisé (autrement que ce qu’il attendaient). Ils avaient donc conclu l’enfant incapable de généraliser (ça ne les choquait pas puisqu’ils le considéraient déficient mental à cause du fait qu’il ne parlait pas… aujourd’hui, il signe bien mieux qu’il ne parle¹ ;-) ).

Gabriel.


¹ En fait, quand il parle, j’arrive à le comprendre parce qu’il signe en même temps : je comprends ce qu’il signe mais souvent pas ce qu’il prononce parce qu’il n’est visiblement pas capable d’analyser le contenu sonore des mots. L’analyse du contenu visuel des signes, en revanche, ne lui pose absolument aucun problème.
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maryline



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Lun 19 Déc - 1:37

Citation :
qu’il n’est visiblement pas capable d’analyser le contenu sonore des mots

Non, il n'en est pas capable, par contre il fait un lien entre les mots et les signes et je pense que cela lui permet de mieux comprendre le mot oral, un peu comme s'il collait une image/signe sur le son qu'il entend.
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Gabriel Bernot



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Lun 19 Déc - 2:02

maryline a écrit:
Citation :
il n’est visiblement pas capable d’analyser le contenu sonore des mots
Non, il n'en est pas capable, par contre il fait un lien entre les mots et les signes et je pense que cela lui permet de mieux comprendre le mot oral, un peu comme s'il collait une image/signe sur le son qu'il entend.
Mon objectif initial, que j’ai d’ailleurs exposé dans l’article publié par la revue Enfance, était que sur un mot entendu, il puisse « coller » l’image d’un mot écrit.

Le seul problème, c’est que j’ai mis deux ans à trouver comment « enseigner » le français écrit — en tant que langue maternelle. Heureusement, vous ne l’avez pas attendu et vous avez pris — contre mon avis et je reconnais que j’avais eu tord — l’initiative de lui enseigner à signer. Somme toute, dans la vie quotidienne, la L.S.F. est bien plus utilisable que le français écrit… Le français écrit est lui aussi extrêmement utile et, aujourd’hui, je constate la complémentarité des deux.

Reste qu’en définitive, l’idée de faire traduire mentalement en mot visuel un mot que l’enfant entend fonctionne. Je ne pouvais pas encore le prouver lorsque j’avais écrit cet article et je le conjecturais. Aujourd’hui, il s’agit d’un constat.

Gabriel.
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MessageSujet: Re: Article de Motron    Lun 19 Déc - 12:28

Citation :
Non, il n'en est pas capable, par contre il fait un lien entre les mots et les signes et je pense que cela lui permet de mieux comprendre le mot oral , un peu comme s'il collait une image/signe sur le son qu'il entend.
http://chezfloetnath.niceboard.com/t7157-borel-maisonny Vous avez essayé ?

Je ne suis pas formée à cette méthode mais ce serait intéréssant de savoir pour ceux qui le sont si cela correspond à ce que Gabriel cite :

Citation :

Somme toute, dans la vie quotidienne, la L.S.F. est bien plus utilisable que le français écrit… Le français écrit est lui aussi extrêmement utile et, aujourd’hui, je constate la complémentarité des deux.





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Gabriel Bernot



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Lun 19 Déc - 16:44

Dans cette méthode, à chaque son — parfois même, à chaque graphie d’un son — correspond un signe. J’ai abordé cette question dans la note n°67 de mon article publié dans Enfance, en prenant pour exemple la LPC — langue parlée complétée — dont le principe est très similaire (sauf que son objectif est d’être une aide à la lecture labiale de la langue parlée plutôt qu’être une aide à l’apprentissage de la lecture).

En résumé, la méthode Borel-Maisonny peut certainement être une aide adaptée à des enfants qui rencontrent des difficultés à apprendre à lire/écrire la langue qu’ils parlent déjà, par exemple s’ils sont dyslexiques.

Mais le cas qui nous intéresse ici est totalement différent puisqu’il s’agit d’enfant qui ne maîtrisent AUCUNE langue maternelle préalable. Dans ce contexte, un tel codage « signé » de la langue parlée ne permet pas d’apprendre la langue à cause de la grande quantité ambiguïtés. Par exemple, ces « codages signés de la langue orale » ne permettent pas de distinguer
Alphonse Alais a écrit:
Par les Bois du Djinn où s'entasse de l'effroi,
Parle, et bois du gin ou cent tasses de lait froid.
ou encore
Je ne me rappelle plus l’auteur a écrit:
Galles, amant de la Reine, alla, tour magnanime,
Galamment, de l'arène à la tour Magne, à Nîmes.
D’une manière générale, un tel encodage signé de la langue orale rend cette langue totalement équivoque à cause du fait qu’il interdit la restitution de la diction et de la prosodie. Les équivoques viennent avant tout du fait qu’un tel encodage ne permet pas le découpage en mots — unités sémantiques — du langage, contrairement à la diction et à la prosodie. Lever ces équivoques nécessite une très bonne connaissance préalable de la langue.
Un exemple encore plus manifeste advient lorsque l’accent tonique s’ajoute au découpage des mots pour déterminer la signification.
Par exemple, en anglais (je note l’accent tonique à l’aide d’un accent aigu sur la voyelle accentuée) :
I have seen a black bírd. → J’ai vu un oiseau noir.
I have seen a bláckbird. → J’ai vu un merle.
À l’écrit, la distinction est notée par l’insertion ou non d’une espace entre « black » et « bird ». À l’oral, la distinction est faite par l’accent tonique. En encodage signé de la langue orale, aucune distinction n’est possible et l’élève doit recourir à sa connaissance de la langue et à ses connaissances générales pour comprendre. Si l’enfant ne connaît pas la langue et que, faute de langue, ses connaissances générales sont peu développées, alors il ne peut pas comprendre.
Un autre exemple :
« korekotowasukoshimuzukashiidesu »
Avec cette phrase écrite dans une langue inconnue du lecteur, il ne lui est même pas possible de rechercher les mots dans un dictionnaire pour la comprendre, précisément parce qu’il n’est pas en mesure d’isoler les différents mots. C’est la raison pour laquelle la langue japonaise, dont l’écriture autochtone est purement phonétique (sans notion d’orthographe) et ne sépare pas les mots par une espace, recourt à un savant mélange d’autres écritures, en particulier à l’écriture chinoise, afin de lever les ambiguïtés sémantiques permanentes que génère cette écriture.
En reprenant l’exemple ci-dessus et en l’écrivant en caractères phonétiques japonais, il vient :
これことはすこしむずかしいです。
Cette écriture purement phonétique est incompréhensible en elle-même car un japonais peut l’écrire de plusieurs manières selon sa signification.
Par exemple :
これ辞は少し難しいです。 → Ces mots sont un peu difficiles.
これ琴は巣枯死無図歌詞です。 → Cette cithare est l’acidité, la mort et le néant des plans de chanson.
(Dans la dernière phrase, la syntaxe japonaise n’est pas respectée mais les caractères utilisés rendent la signification compréhensible.)


En somme, ces manières de signer les sonorités de la langue orale peuvent être intéressantes à condition que l’élève connaisse déjà la langue ainsi signée. Elles sont totalement inutile pour permettre à un enfant d’apprendre une langue ab initio s’il n’en connaît encore aucune.

Or, c’est le cas d’un enfant ne maîtrisant préalablement aucune langue qui nous intéresse ici.

Gabriel.
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MessageSujet: Re: Article de Motron    Lun 19 Déc - 16:57

En définitive, tous ces systèmes dont l’objectif est de signer les phonèmes de la langue parlée se prétendent tous capables d’enseigner la langue aux enfants sourds. Force est de constater — depuis plus de 50 ans pour la méthode Borel-Maisonny — qu’elles y échouent.

Les erreurs fondamentale de leurs concepteurs découlent le leur incapacité à comprendre :
— qu’une langue n’est pas nécessairement orale (et même qu’elle n’a pas nécessairement de forme orale) ;
— qu’une langue orale et sa forme forme orale ne sont pas indissolublement liées.

En somme, ils considèrent eux aussi que ce qui est leur norme à eux est universel et incontournable. Ils s’auto-considèrent comme LA référence de la norme humaine.

Gabriel.


Dernière édition par Gabriel Bernot le Lun 19 Déc - 17:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Article de Motron    Lun 19 Déc - 17:08

Citation :
Une personne TED incapable de généraliser ne peut rien apprendre, pas même par elle-même et, finalement, une telle personne TED est effectivement déficiente mentale.

Je reviens sur ça parce que je bloque en le lisant.
Si une personne a un problème dans les fonctions exécutives notamment au niveau de l’inhibition, cela ne peut-il pas retarder d'une manière trés marquée son accés à la généralisation?
Pour peu que la perception soit hyper-détaillée alors ne se retrouve-t'elle pas dans un nouvel apprentissage à chaque fois ?

Citation :
Or, c’est le cas d’un enfant ne maîtrisant préalablement aucune langue qui nous intéresse ici

Ok je comprend mieux. Donc dans ce cas l'emploi de la LSF qui avait été commencé semble être correct. Etant donné que Xi a eu à une époque si j'ai bien lu ton article , un abandon de la LSF au profit de l écrit qu'il découvrait, ne serait-il pas judicieux de revenir à l'emploi de la LSF par tous ?

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Gabriel Bernot



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Lun 19 Déc - 17:15

Administrateur a écrit:
Si une personne a un problème dans les fonctions exécutives notamment au niveau de l’inhibition, cela ne peut-il pas retarder d'une manière trés marquée son accés à la généralisation?
Je ne comprends pas cette phrase. Pourriez-vous définir, s’il vous plaît, « fonction exécutive » et « inhibition » ?
Administrateur a écrit:
Pour peu que la perception soit hyper-détaillée alors ne se retrouve-t'elle pas dans un nouvel apprentissage à chaque fois ?
À ma connaissance, c’est le cas de toute personne TED. Cependant, la perception « hyper-détaillée » est ici un avantage pour mettre en œuvre l’« heuristique d’analyse » que j’ai décrite dans mon article, donc elle est un avantage pour la généralisation selon ce processus.

Gabriel.
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maryline



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Lun 19 Déc - 17:23

J'emploie la LSF au quotidien, je n'ai pas arrêté, au plus diminué quand j'écrivais tout sur une ardoise.

Tiens, je pense à une chose, dites-moi ce que vous en pensez : quand Arnaud parle à Alexis sans signer, Alexis répète plusieurs fois en boucle ce qu'il vient d'entendre, par contre quand je signe une phrase à Alexis, il ne l'a "traduit oralement" qu'une fois.

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Gabriel Bernot



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Lun 19 Déc - 17:33

maryline a écrit:
Tiens, je pense à une chose, dites-moi ce que vous en pensez : quand Arnaud parle à Alexis sans signer, Alexis répète plusieurs fois en boucle ce qu'il vient d'entendre, par contre quand je signe une phrase à Alexis, il ne l'a "traduit oralement" qu'une fois.
J’en pense qu’ensuite, Arnaud doit se dire : « Il aime parler puisqu’il répète mes phrases mais il n’aime pas autant les signes puisqu’il ne répète pas. »

Gabriel.
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maryline



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Lun 19 Déc - 17:41

Ah ça je ne sais pas, je lui (arnaud) demanderai ce qu'il en pense.

Personnellement, j'aurais tendance à dire qu'Alexis répète pour essayer de comprendre ce qui a été dit oralement.
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Gabriel Bernot



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Lun 19 Déc - 17:45

maryline a écrit:
Personnellement, j'aurais tendance à dire qu'Alexis répète pour essayer de comprendre ce qui a été dit oralement.
Là dessus, on est d’accord mais vous vous en doutiez tellement que je n’ai pas pris la peine de l’écrire ;-).

Gabriel.
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mathis



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MessageSujet: Re: Article de Motron    Lun 19 Déc - 19:09

Personnelement, on a appris a mon fils a lire, peut-etre une aide pour lui a se cultiver, on lui a appris a parler, peut-etre qu'il s'exprimerait mieux avec des signes, mais en attendant, a l'école, il vaut mieux savoir parler, ca rend les choses un peu plus simple, déja que c'est difficile de maintenir un enfant autiste en milieu ordinaire
Et on l'a fait avec de l'ABA, uniquement. Peut-etre aurions du le laisser croupir dans un sombre coin d'un Hdj minable a se faire shooter pour éviter les crises.
Car il est gentil montron, mais l'avenir des enfant autistes sévère en France est rarement a la prise en compte de leur intelligence et le respect de leur potentiel mais plus a finir caché dans une institution plus ou moins correcte.
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